J'en discutais ce matin avec ma pharmacienne. Elle a fait ses études à Rouen, a vécu et travaillé en Normandie, mais elle ne connaissait que de nom. Je lui ai parlé des fleurs, des maisons à colombages, de l'église, des remparts, du temps qui semble s'est arrêté il y a quatre cents ans.
vendredi 20 novembre 2009
A Gerberoy
J'en discutais ce matin avec ma pharmacienne. Elle a fait ses études à Rouen, a vécu et travaillé en Normandie, mais elle ne connaissait que de nom. Je lui ai parlé des fleurs, des maisons à colombages, de l'église, des remparts, du temps qui semble s'est arrêté il y a quatre cents ans.
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jeudi 19 novembre 2009
Sur l'Arbre aux Fées
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mardi 17 novembre 2009
Le cercle des polaires disparus
D’emblée, nous avons droit aux clichés inhérents au genre : le narrateur et enquêteur est un journaliste, Einar, qui traîne un passé d'alcoolique. Solitaire, désabusé, il n'en porte pas moins sur ses congénères un regard compatissant. Son intérêt pour les humains et leurs vicissitudes n'est pas dû qu'à sa profession. Il exerce à Akureyri, au nord de l'Islande, loin de ses racines à Reykjavik, et se bat pour préserver l'indépendance de sa plume face à des pressions croissantes. Sa "femme" est une perruche mâle nommée Snaelda. Les relations d'Einar avec le commissaire principal Olafur Gisli sont parfois tendues, mais les deux hommes, qui ont appris à se connaître et s'apprécier, coopèrent volontiers, chacun traquant les malfaisants à sa manière.
Mais il y a plus que cela. L'Islande fascine et nous paraît exotique : sa situation géographique, ses mœurs, ses coutumes, son climat sont rien moins que dépaysants à nos yeux, tout comme les noms qu'on ne sait dans quel sens tourner pour les déchiffrer mais dont on croit entendre les sonorités à la fois râpeuses et chantantes. C'est le bout du monde.
L'auteur, diplômé de littérature comparée de l'université anglaise de Norwich, est lui-même journaliste. Il prend le temps de poser le décor et d'amener les personnages sur le devant de la scène. Romans noirs, romans d'atmosphère, ses polars dépeignent aussi une société gagnée - gangrenée ? - par le capitalisme et la culture made in USA mais aussi la délinquance et la criminalité. Les jeunes sont perdus, les anciens mis "au rebut" d'une société qui ne sait plus les écouter.
De rencontre en rencontre, de question en question, Einar mène l'enquête et reconstitue l'histoire de la victime, son passé, où réside souvent la clé de l'énigme. Il ne néglige aucune piste, scrute les témoins avec acuité, avec bien sûr la discrétion que lui imposent sa profession et son éthique. Il recueille leurs secrets. Des éléments épars qui s'égrènent au fil des pages, d'un ensemble confus d'indices émerge l'ébauche de la vérité. Avec l'aide de la police, le coupable sera démasqué. En effet, les criminels islandais sont de grands pécheurs, et les pécheurs d'Islande ne sont pas toujours très bien lotis.
Alors, des clichés ? Non. On est loin des engrenages bien huilés et implacables - et artificiels - de beaucoup d'auteurs anglo-saxons et autres. C'est peut-être l'omniprésence de ce pays et de sa culture dans ces romans qui fait leur originalité. Et si finalement leur véritable héroïne n'était autre que cette île, où riche mémoire millénaire et force des aspirations consuméristes semblent vouées à ne jamais trouver d'équilibre ?
Deux bouquins qui méritaient un Arctique de fond.
Le temps de la sorcière et Le dresseur d'insectes sont tous deux parus chez Points Policier.
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lundi 9 novembre 2009
Le prochain amour 3
Le Martien trouve toujours la femme du voisin plus verte.
Je cherche donc un parfum, ou m'imagine en chercher un, car le coup de foudre ne se décrète pas.
J'ai passé commande sur decant-me.com. Un "decant", je le sais depuis peu, est un échantillon, un peu de parfum logé dans une minuscule fiole en verre, ou "flûte", et directement tiré du flacon d'origine. Ça permet de découvrir une fragrance et de se familiariser avec elle avant le Grand Achat.
Mon petit paquet est arrivé jeudi. L'envoi est rapide et soigné. Les fioles sont emballées individuellement et, bien protégées dans leur plastique à bulles, glissées dans une charmante pochette lamée. Un petit mot les accompagne, et je suis très sensible à cette attention. Un raffinement à la hauteur du contenu !
Rahat Loukoum est une merveille, mais je ne sais pas si j'aimerais le porter, plus "accro" au musc vigoureux, "puissant et doux" comme le chat de Baudelaire, de Muscs Koublaï Khan. Cuir Mauresque me rappelle Narcisse Noir de Caron... La Petite Robe Noire... hum, je suis très partagée... Mais l'illusion finale de macaron à la framboise est saisissante ! Une note qui s'inscrit dans Ladurée...
Je vous en reparlerai.
Les frais de port, 2,20 €, sont très raisonnables.
Nathalie et Véronique ont également leur blog :
http://lesateliersduparfum.typepad.fr/les_ateliers_du_parfum/
Je dresse la liste des noms qui figureront dans ma prochaine commande. Et si le coup de cœur était au rendez-vous ?
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vendredi 6 novembre 2009
Un Auvergnat (volant)
Avril 1989. Le vol Nice - Roissy-Charles de Gaulle est bien secoué. Tous les génies des airs semblent s'acharner sur la malheureuse carlingue, tantôt projetée aux cieux, tantôt précipitée vers les abîmes. Du moins est-ce ce que je m'imagine. Collée contre le hublot, peu habituée à l'avion, tétanisée, je m'attends à ce qu'un gros pépin arrive. Mon voisin ne se démonte pas, il reste imperturbable dans la tourmente. J'admire son flegme. C'est un monsieur distingué à fine moustache et cheveux blancs qui peut avoir la soixantaine. Il engage la conversation. Peut-être a-t-il perçu ma peur, mon inquiétude. C'est un pilote retraité d'UTA. A son actif, trente années de vol sous les couleurs de cette compagnie. D'où le calme olympien, le détachement, même. Je n'aurais pu mieux tomber. C'est un homme charmant. Il me parle avec gentillesse. Il ne se moque pas de moi. Il me rassure, sans m'infantiliser. Il m'apprend des choses intéressantes sur l'aéronautique. Par exemple que les structures métalliques situées en bordure des pistes servent à dégivrer les pare-brise des avions. Je ne le savais pas. Je m'accroche à ses paroles comme autant d'informations vitales. Le temps passe, j'oublie ma trouille et la zone de turbulences s'éloigne. L'appareil se pose à Roissy. Le voyage a été, en fin de compte, trop court...
Je remercie mon voisin. Je me suis enrichie à son contact, si bref ait-il été. Je déborde de gratitude. Puis nos chemins se séparent.
Faut-il prendre l'avion plus souvent ?
On croise parfois un ange...
Merci, Monsieur...
Photo : Philippe Noret - AirTeamimages
Union des Transports Aériens - Boeing 747 F-GEXB
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jeudi 29 octobre 2009
Une Auvergnate
Janvier 2002. J'ai décroché un poste dans un organisme à vocation sociale à Rouen. Au bout d'une semaine, je suis devenue la femme à abattre. Pourquoi ? Je n'en sais rien. Je me sens - ou on me fait sentir - de moins en moins à ma place. Je rame, je n'ai - on ne me donne - aucun point de repère. Février. Ma période d'essai tire à sa fin et des remarques me laissent entendre qu'elle ne sera pas prolongée, tout en me maintenant dans l'incertitude. Mon rêve s'effondre. Je vais devoir quitter la Normandie...
Lundi matin, au retour d'un week-end chez moi. Je sais ce qui m'attend. Visite à la médecine du travail avant de reprendre le boulot. Je ne me fais pas d'illusions. On veut me virer, alors à quoi bon me plier à ce simulacre ?
Formalités auprès de l'infirmière. Le médecin, une femme, me reçoit dans son bureau. La cinquantaine, cheveux blond foncé courts. Je lui expose ma situation, mes angoisses. Elle m'écoute avec une attention extrême. Son regard est intense, pénétrant. Elle me cerne, je crois, très vite. "Ce travail ne vous convient pas", me dit-elle. Nous parlons, peut-être m'a-t-elle examinée, je ne m'en souviens pas. Je ne m'attendais pas à un échange aussi simple, aussi évident. Ça fait du bien. Je retiens un conseil : "Surtout, n'arrêtez pas de fumer maintenant, ce n'est pas le moment !". Je prends de la distance avec ce travail, cette atmosphère délétère surtout, qui ne vise qu'à me faire vaciller. Les cons, c'est eux, pas moi.
Le soir je suis proprement éjectée, comme je le savais, sur des motifs dérisoires. Je ne suis pas dupe. Je pense à ma rencontre du matin, à cette femme extraordinaire, et la violence de ce moment - car c'est bien de violence qu'il s'agit - glisse et m'atteint moins qu'elle n'aurait dû.
Je m'étais promis d'écrire à ce médecin, et puis... Je me serais sentie ridicule...
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mardi 27 octobre 2009
Histoire de parfum
Le Touquet, début des années 70. Pour occuper mes après-midis de vacances, mes parents m'emmenaient à l'aéroport. Les avions de la compagnie British Caledonian décollaient dans un boucan épouvantable. Les moteurs sifflaient, le sol vibrait. J'aimais ça. Ce spectacle suffisait à me distraire.
Les lieux présentaient une autre attraction : une boutique de détaxés dont les vitrines jalonnaient la salle d'attente, au premier étage. Là était présentée la totalité des produits vendus en "duty free" : des parfums.
Et savent encore me faire planer ?
Illustration : Boeing 707 de la British Caledonian
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