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samedi 29 août 2009

La bête et la Bête

L'été tire à sa fin. C'est le moment où les araignées viennent chercher quelque chaleur dans les maisons. Pas des faucheux graciles, pas des épeires rondelettes mais peu impressionnantes, mais d'énormes araignées aux pattes immenses et au corps de la taille de l'ongle d'un pouce.
Je me suis trouvée nez à nez avec l'une d'elles l'autre soir, dans ma chambre, au moment de me coucher. Médusée, aussi incapable de fuir que d'agir, je ne pouvais détacher mes yeux de la bête dans son ascension hésitante, ses longues pattes s'étirant lentement sur le mur en d'affreuses enjambées. Par ailleurs je ne voudrais pour rien au monde occire une de ces bestioles.
Il ne me restait plus qu'à tenter une incantation à l'Etoile d'Eärendil, la Bien-Aimée des Elfes. C'est censé les effrayer et les tenir à distance. C'est encore plus efficace si on brandit la Fiole de Galadriel, qui emprisonne la lumière de cet astre et chasse toutes ténèbres. La preuve, ça se passe comme ça dans le film, quand Frodon et Sam sont aux prises avec Arachné ! Las ! Point de cadeau elfique en ma possession ! La formule a pourtant semblé faire effet : le monstre est allé se cacher. Je ne sais où, c'est bien là le problème...
J'ai donc laissé ma compagne nocturne à ses évolutions murales, tant que celles-ci demeurent invisibles. Mais j'ai eu beaucoup de mal à trouver le sommeil.
Vous comprendrez qu'il me fallait immortaliser la scène en jouant du crayon (et surtout de la gomme). Vous pourrez ainsi admirer mes talents de dessinatrice et ma magnifique robe de chambre à fleurs ! Et noter une fois de plus combien la lecture de Tolkien m'a marquée...

samedi 21 février 2009

I'm Tolkien to you

Je viens de regarder Le Seigneur des Anneaux : les deux tours de Peter Jackson, d'après Tolkien. Ce n'est pas un film récent, direz-vous. Mais voilà, je m'adonne depuis peu aux délices de soirées DVD, j'ai donc une bonne dizaine de métros de retard et, surtout, à présent, je n'ai de cesse que de voir le premier volet et revoir le troisième (diffusé sur une chaîne publique voici un peu plus d'un an) ! Tel est l'impact de l'industrie du DVD sur les esprits fragiles ;-) !
Le film dure près de trois heures, le DVD en offrant la version longue. Le problème est qu'une fois arrivé aux dernières images, on ne se souvient pas, ou si peu, de ce qui s'est passé au début ! Gênant, vous m'avouerez, pour la compréhension globale ! Faut-il apprendre la sténo et s'entraîner à prendre des notes ?
Je ne connaissais pas l'œuvre de Tolkien. Longtemps j'ai cru que les films qui en avaient été tirés ne s'adressaient qu'aux ados attardés. Mea culpa ! J'ai aimé. J'ai adoré, même si l'histoire ainsi prise en cours de route pouvait sembler, dans sa complexité, fort obscure, et qu'une chatte moins béotienne que moi n'y aurait pas retrouvé ses petits ! Bref, je me suis trouvée directement plongée au cœur de l'affaire Elfe !
Les effets spéciaux sont époustouflants. Un faisceau touffu de savoir-faire multiples est mis en œuvre, autant de talents unis vers un seul but, et cela se ressent à chaque instant. J'aime, au cinéma, me laisser conter une histoire. Être emportée. Ici l'histoire est belle. Il y a de beaux acteurs, pour la fleur bleue qui sommeille en moi (et souffre, en dépit de mon âge canonique, d'insomnie chronique). Sauriez-vous me dire pourquoi je trouve les comédiens anglo-saxons meilleurs, plus pros, en un mot plus convaincants que leurs homologues français ? J'apprécie de plus en plus leur travail, un travail bien fait...
Tout ça pourrait n'être que de la poudre aux yeux. Pourtant, au-delà de ces images virtuoses, saisissantes, ces films ont un contenu. Ils nous parlent. On y trouve la bravoure et la lâcheté. La loyauté et la traîtrise. Le pouvoir qui corrompt tous ceux qui s'en approchent. Une morale universelle (mais n'est-ce pas un pléonasme ?) qui nous enjoint à espérer en l'humanité. Des valeurs, diraient d'aucuns, mais Dieu sait combien je déteste ce mot. Et la démesure qui nous fait si cruellement défaut, tant dans nos vies qu'au cinéma et, pis, dans nos rêves ! Pas de place pour la frilosité, la tiédeur. Quel est donc cet héritage qui nous a appartenu et n'est déjà plus nôtre ?...
Nous aurions bien besoin d'un peu de magie...
Je ne me suis pas amusée à identifier les symboles présents tout au long de l'œuvre. Mon analyse serait trop grossière. Et je crains de m'attirer les foudres posthumes de J.R.R. Tolkien, qui de plus ai-je lu n'aimait guère les Français !
Ces images - celles que nous voyons et celles qui par ricochet naissent en nous - sont comme les bribes d'un Âge d'Or que nous n'aurions pas connu, qui remonteraient doucement du fond du temps. Comme le Cor de chasse d'Apollinaire dont la voix déchire encore faiblement le silence - loin, si loin...
Le Silence des Anneaux ?...

Retouche d'image réalisée avec The Gimp.