dimanche 18 octobre 2020

Rouge d'automne

Sous le regard de mon authentique phoque de la baie de Somme (et de ma tout aussi authentique matrioschka)...


Même si le port du masque a légèrement compliqué les choses ces temps-ci, je suis depuis des éternités fidèle  - bêtement, aveuglément, comme si j’obéissais à un devoir aux sources perdues - à ma trilogie quotidienne : boucles d'oreilles, parfum, rouge à lèvres. (Encore m'arrive-t-il de faire l'impasse sur le parfum.) Je ne sors jamais sans être blindée de ces gris-gris. Ils forment mon armure face à la grisaille parfois hostile, souvent indifférente, de la rue. Je m'entoure d'une petite famille de rouges à lèvres, avec sa vieille garde et ses nouveaux venus, sans laquelle je suis démunie comme un Maori sans ses peintures de guerre. Presque. Disons que je préfère être accompagnée de mes "raisins" préférés, même s'ils alourdissent sensiblement mon sac. J'ai parfois l'impression de trimballer une enclume. Mon dos proteste. C'est un choix. 
Y a-t-il des couleurs printanières ? D'autres réservées aux jours froids et courts qui arrivent à grands pas et s'installent avec une déconcertante désinvolture ? On ne les a pas vus venir qu'ils sont déjà là, à vous souffler leur vent glacé dans le cou, vous transpercer de leur pluie, vous cerner de leur ombre.
Il y a longtemps que j'ai réglé la question, pour une seule et simple raison : je ne me la suis jamais posée. Du moins pas sérieusement. Je vis à l'équateur du rouge à lèvres : sans saisons. Seuls mes goûts, mes humeurs et mes envies me guident. Soit pas mal de critères avec lesquels composer...
Même derrière le masque, le rouge à lèvres m'est indispensable. 
Près de treize ans après mon premier billet sur ce sujet ô combien fondamental, ma devise n'a pas changé : plutôt rouge que morte.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Ainsi sont les couleurs qui nous permettent, lorsque tu te démasques, de lire sur tes lèvres tes humeurs. Les "rouges", lorsqu'ils sont ainsi foncés et presque noirs, mettent en valeur les yeux qui les ont choisis et, armures contre la grisaille, ils la déchirent et ceux qui te voient en oublient la tristesse.