dimanche 13 juin 2010

Vol de jour (terre de Somme)


Une balade dans les étangs de la Somme ce samedi après-midi. Le ciel est un peu incertain, mais qu'importe ! A Méaulte des gendarmes sont déployés un peu partout sur le bord des routes. Visite présidentielle ? Que nenni ! A ma gauche, sur le tarmac de l'aéroport s'étire un long, large et haut fuselage, nez relevé : le Béluga. Je ne l'ai jamais vu qu'en photo. C'est un TRÈS TRÈS GROS pot de caviar (comment ça, une baleine ?). Même de loin il est gros, c'est tout dire. Il vient engloutir des tronçons d'Airbus  fabriqués sur place pour les transporter à Toulouse où ils seront assemblés. De petits avions pirouettent dans les airs. Je comprends que c'est un meeting  aérien qui mobilise les forces de l'ordre, pas le gros machin volant. Je veux le voir de près.
Les représentants de la maréchaussée sont postés sur chaque route menant à l'aéroport, tel Gandalf sur le pont de Khazad-dûm : "Vous ne passerez pââââââs !". Ils se montrent néanmoins fort coopératifs. Ils m'indiquent qu'un service de navette est organisé pour gagner les pistes, mais je recule quand je vois ladite navette, bondée. Qui sait, de plus, si on me laissera approcher du monstre, zap en main ? L'usine Aérolia est en effet site classé. Et puis je n'ai pas encore atteint ma destination. Je laisse le gros porteur et les "poux volants" au vrombissement aigrelet derrière moi.
Je me pose quand même une question : si le Béluga, qui est l'un des plus gros avions au monde, est utilisé pour transporter des pièces de l'Airbus A 380, qui n'est pas un petit zinc, avec quoi transporte-t-on les pièces du Béluga ? On le découpe peut-être en plus petits morceaux...
En quittant Méaulte, je m'octroie un détour afin d'admirer la belle maison des années 30 que j'ai remarquée lors d'une précédente sortie. Elle m'intrigue et me fascine. Je suppose qu'elle était la propriété d'Henry Potez, constructeur d'avions et fondateur de l'usine qui fabrique aujourd'hui des pièces pour Airbus.

A Méaulte, la belle demeure mystérieuse.

Le trajet se poursuit. Morlancourt, Sailly-Laurette, Lamotte-Warfusée puis la nationale  familière et les abords d'Amiens. Café et courses avant de rentrer par le même itinéraire. Arrêt au bord du canal de la Somme à Sailly-Laurette. L'endroit est calme et invite à la flânerie. Les seringats embaument. Soudain un grand boucan me fait lever la tête : à quelques kilomètres le meeting s'achève et après un dernier tour la Patrouille de France regagne sa base de Salon-de-Provence en bonne formation. J'ai tout juste le temps de cliquer. A Méaulte j'espère assister au décollage du Béluga mais il ne semble pas près de repartir, toujours nez béant sur la piste. Ma conduite s'en trouve distraite et je manque aller le contempler depuis un champ de pommes de terre. L'accès à l'aéroport n'est pas rétabli. J'essaie de ruser mais le lieu est bien gardé. Demi-tour sur route hasardeux avec la bénédiction des gendarmes (j'ai pris mon air le plus andouille pour leur demander l'autorisation), et je reprends la direction du  nord-est. Déjà.
Une promenade dont je ne me lasse pas. Mais la prochaine fois je taillerai la route plus loin vers l'ouest, vers la Normandie.

A Sailly-Laurette, où la Somme est à la fois fleuve et canal

On peut capturer leur image, mais pas leur odeur...

La Patrouille de France rentre chez elle


jeudi 10 juin 2010

Toi que j'aimais tant

Garance. Deux ans déjà...






mardi 8 juin 2010

Vol de Nuit (terre des femmes)


Plus de trente ans ont passé depuis mon premier Guerlain et je l'ai toujours ignoré. Vous me direz, impossible de porter ce parfum à quinze ans (même si Nahéma était, à sa façon, bien plus "violent"). Je l'ai sniffé deci-delà sans jamais accrocher. Je le trouvais vieillot et déconcertant, trop marqué par une époque depuis longtemps enterrée - les années 30. Il faut dire que j'étais, et suis toujours, folle de L'Heure Bleue.
Un échantillon a traîné tout l'hiver dans la poche d'un manteau de demi-saison. Mon dernier essai, voici quelques mois, ne m'avait pas plus conquise que les précédents. Et puis là, comme pour lui laisser une ultime chance mais sans trop y croire, j'ai ouvert la minuscule flûte de verre, ai posé une goutte de son contenu sur ma main. Ô surprise, Vol de Nuit m'a parlé. Ancien et pourtant si vivant, nimbé de sa longue histoire, il m'a chuchoté de belles et douces choses. Je le tenais pour un parfum d'hiver (ne l'associe-t-on pas à la fourrure ?). La chaleur quasi estivale de ces derniers jours est-elle à l'origine de la révélation ?
Le départ est sec et un peu raide. Puis les notes vertes assez âcres s'assouplissent sous l'effet de l'ambre, de la vanille et des épices. Son cœur d'iris, mouillé et terreux, se révèle. Son caractère poudré se fait alors sentir. Poudré ou "poussiéreux" : c'est pourquoi je le trouvais plus "daté" que L'Heure Bleue. Les aldéhydes, en sourdine, renforcent cet aspect discrètement suranné mais en aucun cas rédhibitoire. Le parfum m'évoque alors un fauteuil ancien tendu de velours un peu râpé. La pièce est vaste et haute, sous sa housse le piano, dans un angle, attend. A moins qu'on ne soit dans quelque boudoir meublé sobrement mais avec raffinement. J'imagine le poudroiement argenté de l'iris comme la poussière en suspension dans un cône de soleil.
En dépit de ses notes hétérogènes, voire de ses facettes antagonistes, Vol de Nuit présente un équilibre, une cohésion de la construction, un fondu, un poli propres aux vieux Guerlain. Du grand art ! Son évolution est ambivalente, peut-être selon les supports, peau ou textile, ou les concentrations essayées : eau de toilette et extrait. Tantôt il joue un accord chypré, étrange et exotique, tantôt vanille et ambre se mêlent aux accents boisés, s'amplifient et chantent d'une même voix chaleureuse, dans une grande proximité avec L'Heure Bleue. Les deux, après tout, sont frères consanguins. Vol de Nuit se fait alors caressant et rassurant.
Ce parfum n'a pour moi rien d'abstrait et j'ai du mal à le projeter, à me projeter dans l'univers romanesque de Saint-Ex. Foin de l'Aéropostale ! Ce n'est pas ce voyage-là pas qu'il me propose. Il invite à une exploration intimiste, voire introspective, de paysages inconnus, mais les pieds bien sur terre, nus sur la mousse odorante.
Le prochain amour...
Pour le moment je grappille des échantillons lors de mes visites en parfumerie.
La souscription est ouverte.

Vol de Nuit, création de Jacques Guerlain, 1933

dimanche 6 juin 2010

Mascaret, chat martyr


Rassurez-vous, c'est une antiphrase ! (Mais vous vous en doutiez.)
Mascaret a été source d'inquiétude ces derniers temps. Il était patraque tous les quelques mois, ne mangeait plus. A chaque fois, traitement "classique" chez le vet : antibio et anti-inflammatoire. Prise de sang aussi : il souffre de troubles hépatiques. Bébert a le foie fragile !
En avril, suite à une de ces "crises", nouvelle analyse sanguine : ses transaminases ont fortement augmenté, alors que tous les autres paramètres sont normaux. La vétérinaire évoque la redoutable péritonite infectieuse féline, ou "PIF", incurable et mortelle. Elle demande un examen sérologique à un laboratoire parisien. Une semaine plus tard, les résultats arrivent :  Mascaret n'a pas contracté cette affection. Immense soulagement.
Mascar le Lascar a droit à un régime (dans tous les sens du terme) de faveur. La viande rouge est proscrite de ses menus. Pour préserver son petit foie délicat, je lui fais cuire des cuisses de poulet au bouillon, avec des carottes. Il faut s'assurer d'en avoir toujours en stock, car Monsieur y a pris goût et les réclame. (Inutile de préciser que l'intervention humaine est nécessaire pour les désosser.) Pour lui, ce traitement particulier va de soi.
Mascaret devient ainsi le premier chat à exercer le droit de cuissage.

lundi 24 mai 2010

Mon beau navire Ô ma mémoire : adieu à la "Jeanne"


Le salut aux couleurs...

Bouh, c'est loin... (Plus loin que ça n'en a l'air.)

La Jeanne d'Arc part en retraite, après quarante-six ans de bons et loyaux services. Une retraite sans doute peu glorieuse, indigne d'elle, si j'en juge par le sort réservé à d'autres vaisseaux mythiques. Le Clémenceau et, dans le "civil", le France... Nous ne sommes pas un peuple de marins ! Et le navire-école fait escale à Rouen, sa ville marraine, pour son ultime tournée. Dès que j'ai appris la nouvelle, j'ai décidé d'aller lui faire mes adieux. Et raviver mes souvenirs...
J'ai visité la "Jeanne"  il y a seize ans, lors de l'Armada 94. En resquillant. Oui, je peux l'avouer à présent, car il y a prescription. J'avais, la veille au soir, bavardé avec des petits marins du porte-hélicoptères dans un pub de la rue du Gros (oui, je sais, on se croirait dans un roman de Mac Orlan). Ils nous avaient invitées, ma mère et moi, à visiter leur bateau : en faisant appeler l'un d'eux à la coupée, nous avions court-circuité la file d'attente qui s'étirait sur deux cents mètres de quai. Des ponts intérieurs à la passerelle, des cuisines au fauteuil du "pacha", nous avions accédé à des zones "interdites au public". Frayeur à un moment donné : le bateau bouge ! En fait, en raison de la marée, on est en train de retendre les amarres (j'apprends de la bouche de notre guide qu'on les appelle des "aussières").
Je recevrai, quelques mois plus tard, une carte postale du Cap Horn...
Beaucoup d'émotion donc en ce samedi après-midi. Tout d'abord, il faut (beaucoup) marcher. La Jeanne est amarrée en aval du pont Flaubert, autant dire au tonnerre de Brest. Mon point de départ est en amont du pont... et mes pieds, dans leurs sandales, ne sont pas équipés ! Je vois le bateau, au loin, tel un mirage, dans le soleil qui cogne sur le port. Irai-je jusque là ? OUI ! Je suis ici pour lui.
Alors, je marche, je marche. J'aime marcher sur les quais, j'aime l'activité des ports. A Rouen, tout semble ensommeillé, n'étaient les colonnes de piétons qui se dirigent vers le bout du quai ou en reviennent. Le bateau ne rapproche que lentement. Enfin, m'y voici. Des photos. Je suis filmée, index sur le déclencheur, par l'équipe de France 3 Haute-Normandie. Les images seront diffusées au journal de 19 heures. C'est mon hommage inattendu à la Jeanne.
Même à la veille de l'arrêt des machines, celle-ci se fait belle : dans une nacelle suspendue au-dessus de l'eau, deux marins armés de pinceaux-balais s'activent sur la coque. A bord, on prépare la réception du soir pour quelques privilégiés, dont je ne fais pas partie...
Pourtant je ressens de la tristesse dans l'atmosphère. Ce n'est pas la fête. La Jeanne n'est pas là pour ça. Bien sûr, elle sera célébrée comme il se doit, mais...
La tête pleine d'images, je rentre par le bus. Mes pieds meurtris m'en sont reconnaissants. Et j'apprécie de voir Rouen en me laissant conduire...
Il me semble qu'une époque prend fin. Les générations de marins qui ont servi à bord du vaisseau ou y ont été formées doivent éprouver ce pincement au cœur bien plus profondément que moi...
Les bateaux, comme tout le reste, sont faits pour passer.

Un jeune homme pomponné...

Ce n'est pas tout à fait l'image qu'on se fait d'un cap-hornier...

Dans la marine, si ça bouge tu salues, si ça bouge pas tu repeins.

 Pour les bordées en ville du commandant ?

La Jeanne, on l'aime peu ou... proue !

Une vieille (?) dame légendaire encore pleine d'allure.

R 97...

Tout est dit...

C'est en fini des voyages. La Jeanne ne reviendra plus à Rouen. Nul autre bateau ne pourra la remplacer.
Si ta vieille coque pouvait nous raconter, Jeanne, que dirait-elle ?...
Je pense à La chanson du Mal-Aimé :

Mon beau navire ô ma mémoire
Avons-nous assez navigué
Dans une onde mauvaise à boire
Avons-nous assez divagué
De la belle aube au triste soir ?

Où va la jeunesse, où vont les années, où vont les vieux bateaux lourds de la mémoire des vagues et du monde ?

Pour finir, cette magnifique chanson de William Sheller...


jeudi 20 mai 2010

Un goût d'inachevé


J'ai relu récemment Les meurtres du Titanic, de Max Allan Collins. Le bouquin était perdu depuis des années et je le cherchais. Il a été retrouvé, telle une épave par une mission océanographique. Et j'ai revu le film de James Cameron. La relecture du livre fut décevante, éloignée des souvenirs que j'en avais. Le visionnage du film fut palpitant, mais ô combien prévisible...
Mais ces œuvres m'ont replongée dans une atmosphère familière. Lorsque j'étais enfant, entre les contes de fées, les histoires de trolls et de princesses que j'adorais, s'intercalait le récit du naufrage du Titanic. Je ne sais pas pourquoi. Je le réclamais. J'ai absorbé le Titanic dans mon biberon (ou presque), j'ai eu le temps de m'en imprégner.
J'étais très jeune quand mon grand-père m'a appris que la partie émergée de l'iceberg ne représente qu'un dixième du volume du bloc de glace. Ce sont des choses fort utiles, et qui ne s'oublient pas. Même si vous n'avez pas l'occasion de croiser dans l'Atlantique Nord.
A la F**C, deux DVD étaient disponibles : le film tel qu'il a été diffusé sur les grands et petits écrans, et sa version allongée de scènes coupées au montage. Je me suis renseignée auprès du vendeur - qui n'a pas goûté ma question mais m'a confirmé : dans les deux versions, le bateau coule à la fin. Ce qui ne laisse pas de me décevoir et me confondre. C'est de l'arnaque ! Pourquoi pas un Titanic avec une fin heureuse, si on y met le prix ?
Stoppez les machines. En arrière toute. On ne devrait pas plaisanter avec ça.
Le Titanic, c'est une fascination qui ne m'a jamais quittée. Des images presque aussi anciennes que ma mémoire. Le grand paquebot filant dans la nuit. Superbe, "incoulable", sûr de sa destinée. Les lumières, la musique. Devant, New York, le port, les docks, l'accueil triomphal. Et puis, le choc. Le lent engloutissement. La nuit glacée, l'eau noire, les grincements sinistres de la membrure, les appels et les cris. "Il est insubmersible !". "Ce n'est pas l'eau qui monte, Monsieur, c'est le bateau qui s'enfonce". Réponse apocryphe, peut-être, mais si juste. Et si terrifiante...
Plus de mille cinq cents victimes. Des figures attachantes. La silhouette tutélaire du Commandant Smith. La conscience professionnelle de Thomas Andrews, l'architecte naval. Et tant d'autres...
Que peut-on en retenir, à six-sept ans ? Pourtant, bien longtemps après la fin de l'enfance, j'ai lu des ouvrages, vu des documentaires. "Il" n'a cessé de me hanter, comme un problème irrésolu sur lequel l'esprit vient buter. Comme la racine carrée de -1...
Titanic, objet de toutes les vanités. Titanic, si humain malgré ton nom, vieux compagnon de mon imaginaire enfantin...
Longtemps j'ai refusé de voir le film, de peur que mes représentations ne volent en éclats.
Sujet un rien tabou car, peut-être, sacralisé...
Un billet de blog ne suffit pas à parler de toi, du mythe que tu représentes pour moi, non...
Titanic, l'absent-présent... Le deuil impossible...
Sur un déclic - comme le fait de remettre la main sur ce bouquin - naît, de temps à autre, le besoin d'y revenir, de plonger dans son mystère. Au-delà de la tragédie, de son infinie résonance dans nos esprits, l'histoire du Titanic laisse un goût d'inachevé. Comme sa traversée interrompue. Ça n'aurait pas dû arriver. Où et quand la machine du destin s'est-elle enrayée ? Pourquoi ?
Encore aujourd'hui, on glose beaucoup sur les causes de la catastrophe. Vitesse trop grande en zone dangereuse, manœuvres inappropriées face à l'obstacle, mauvaise qualité des rivets, orgueil de l'armateur lancé dans  la conquête du prestigieux "Ruban Bleu". On a pointé des responsabilités. Mais saura-t-on jamais ?
Course à la performance et à la médiatisation, foi illimitée dans le "progrès"... Près de cent ans plus tard, sommes-nous si bien placés pour juger ?

Illustration : huile de Yannis Markantonakis.

lundi 17 mai 2010

Onze ans d'amour


C'est de Lara qu'il s'agira ici. Ma vieille Lara. Qui n'a pas toujours été vieille.
L'histoire commence en mai 99. De la fenêtre, je découvre dans le jardin un chat noir inconnu au bataillon.  Luisant tel l'obsidienne et magnifique. Un peu intimidé, aussi. Il fréquente les lieux pendant quelques jours, hésite à s'approcher... mais il est toujours là. Il a des yeux ronds et globuleux qui me font penser à Lara Fabian (pardon à ses fans... ou devrais-je dire "pardon aux ailurophiles" ?). C'est adjugé : le nom de Lara (c'est une demoiselle) lui sera octroyé !


Une assiette de nourriture sur le pas de la porte de la buanderie, et la bête est vite circonvenue.  A croire qu'elle n'attendait que ça. Dès le premier soir, elle s'invite dans ma chambre ! 
Elle est dorénavant chez elle.
D'où vient-elle, quel âge a-t-elle ? Ces questions resteront sans réponse. Est-ce si important ?...
Lara devient la Reine Noire de la maison. Comme mes autres chats, elle est affublée d'une foule de surnoms qui me viennent selon l'inspiration et l'état d'esprit du moment. Lara de Larnaka (pour l'allitération), le Tarsier noir (à cause des yeux), Lara Gibus (pour les reflets) et, surtout, Très-Belle.


La Miss s'est même permis une fugue il y a quelques années. Six jours d'inquiétude. J'étais absente à ce moment-là. Faut-il un y voir un rapport de cause à effet ?
Lara vieillit. Peut-être a-t-elle quatorze, quinze ans à présent ? Après de départ de Taïga et de Nacelle, elle doit être la Doyenne de la Faculté. Mais elle reste "Très-Belle" et continue de sauter sans effort apparent au sommet du buffet et de se livrer à ses tourbillonnantes "crises de chat", qui la font courir à travers la maison, à la poursuite de quelque proie invisible... Et elle fait toujours la chenille, dos arrondi, pour recevoir les caresses...
Je me demande toujours ce qu'elle voit quand elle vous fixe de ses yeux clairs. Un monde inconnu de nous-mêmes, peut-être, peuplé de quels rêves, de quels fantômes, comme si notre vraie nature lui était révélée, un espace qu'elle sonde de son regard intense sans juger, dans sa grande sagesse.
On ne peut pas tricher avec les chats.
Onze ans... Il me semble qu'elle est arrivée il y a si peu de temps...
Je lui ai même écrit une chanson mais chuuuuuut... c'est secret !